1. Une généralisation mondiale du sucre

1. Une généralisation mondiale du sucre

C'est en grande partie grâce à la Révolution Industrielle que le sucre a connu un tel essor dans la société de consommation. Le développement de l'industrialisation mais aussi de la consommation dans l'esprit des gens ont permis au sucre, sous toutes ses formes, de proliférer dans le monde entier. Durant cette période, la mécanisation fait considérablement augmenter sa production et son exportation, d'une denrée rare il est propulsé au rang de produit de consommation courant. Il occupe, de nos jours, une place prépondérante dans notre société et dans notre assiette. Le sucre en tout genre connait un succès sans limite mais à quel prix ? De récentes études nous montrent clairement que cette « surconsommation » entraine de nombreuses maladies comme l'obésité, le diabète, l'hypoglycémie, et peut mettre en place une dépendance. Certain scientifiques parlent de « pollution agro-alimentaire moderne ».

 

Le développement de la mécanisation durant la Révolution Industrielle a été un véritable tremplin pour le sucre. L'apparition des machines a fortement amélioré la production sucrière, elle est multipliée par mille entre le XVIIIème et le XXème siècle. Mais c'est à partir du XXIème siècle que la production et la consommation du sucre vont véritablement exploser dans le monde entier. Depuis 1945, la production sucrière est passée de 12,8 millions de tonnes de cannes produites et 5,4 millions de tonnes de betteraves, à 90,5 millions de tonnes de cannes produites et 32 millions de tonnes de betteraves en 2005. Cette augmentation est principalement du à l'amélioration continuelle de notre technologie et à une demande toujours plus importante de notre population grandissante. En effet, tout les peuples du monde, même les plus primitifs, ont une nette tendance à augmenter leur consommation de sucre. On observe depuis l'année 2008/2009, des records de production de sucre brut et selon l'ISO, l'Organisation internationale de normalisation, la production mondiale va augmenter de 5% durant l'année 2011/2012 pour atteindre le niveau record de 173 millions de tonne de sucre brut produit avec un surplus, de plus en plus lourd, de 5,9 millions de tonnes. Le sucre est un domaine économique qui représente un chiffre d'affaires mondial de 75 milliards de dollars par an, il emploie dans le monde entier 18 millions d'agriculteurs et 1,8 millions d'ouvriers dans un total de 113 pays.

Evolution de la production sucrière mondiale

Alors que la canne à sucre est principalement produite dans les zones tropicales et subtropicales, au sein des pays en développement, la betterave sucrière est une plante des régions tempérées, cultivée presque exclusivement dans les pays développés. Les seules exceptions à la règle sont la Chine et les Etats-Unis qui produisent indifféremment les deux types de plantes.

La production mondiale de sucre se répartissait à hauteur de 75% pour la canne à sucre et de 25% pour la betterave en 2005. Les tendances entre le volume de sucre de canne produit à partir de la canne à sucre et à partir de la betterave ont été parfaitement corrélées jusqu'en 1915 environ, puis un écart entre les deux de 7 à 8 millions de tonnes s'est maintenu pendant plusieurs décennies de 1915 à 1970. A partir des années 1970, le volume de sucre de canne a décollé, notamment sous l'influence de l'explosion de la production brésilienne pour atteindre finalement un différentiel de près de 58 millions de tonnes entre les productions cannière et betteravière en 2005.

De nos jours, on compte au total 102 pays producteurs de sucre dans le monde, 64 cultivent la canne à sucre et 38 cultivent la betterave sucrière.

Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre avec une production de 39,95 millions de tonnes de sucre brut provenant principalement de la canne à sucre. Il est également le premier exportateur mondial de sucre brut, il occupe une part de 62% dans les exportations sucrières mondiales, celle-ci a augmenté de 61% en l'espace d'une décennie. Il est suivi de l'Inde qui produit 28 millions de tonnes sucre brut provenant aussi de canne à sucre. La production indienne suivit une tendance proche de la production brésilienne durant 20 ans, de 1961 à 1980 avant de se faire définitivement devancer par la production de plus en plus importante du Brésil. Ils assuraient pendant cette période plus de la moitié de la production mondiale de sucre brut. Vient ensuite l'Union Européenne qui produit au total 17,1 millions de tonnes de sucre provenant ici, principalement de betterave. Ils font parti des 10 premiers producteurs mondiaux qui assurent aujourd'hui 76,7% de la production sucrière mondiale, soit 128,88 tonne de sucre brut.

Production et consommation de sucre brut des dix plus gros producteurs mondiaux

L'Union Européenne à 25, principalement représentée par la France et l'Allemagne, fournissait depuis 1960 plus d'un tiers de production mondiale de sucre brut. En effet, les deux pays contribuaient à part égale pour 40% de l'offre européenne, soit 23% de l'offre mondiale. Depuis 1960, leur production sucrière ne cessait d'augmenter, elle est multipliée par 2,3 pour la France et multipliée par 1,8 pour l'Allemagne entre 1961 et 2005. L'Europe était le premier exportateur mondial de sucre raffiné avec près de 7 millions de tonnes exportées en moyenne par an entre 2000 et 2004, environ 60% de ces exportations étaient principalement destinées à d'autres pays membres de l'Union Européenne (25), le reste était exporté en grande partie à l'Algérie, la Syrie, l'Israël, la Suisse ou encore la Norvège. Les exportations sucrières de l'Union Européenne (25) durant les années 2000 à 2004 représentaient un revenu au total d'un peu moins de 3 milliards de dollars par année. Cependant, l'Organisation Commune du Marché du Sucre profondément réformée en 2006 a été un véritable frein pour la production et l'exportation européenne. Les objectifs de cette réforme étaient d'intégrer les principes de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) dans l'OCM Sucre, c'est-à-dire, tenir compte de l'ouverture accrue du marché européen pour multiplier les engagements de l'Union Européenne auprès des pays en développement et appliquer une décision de l'Organisation Mondial du Commerce (OMC) obligeant l'Union Européenne à réduire ses exportations sucrières au profit des pays en développement. La politique sucrière européenne a été ainsi réorientée, les quotas de production ont été abandonnés et le prix du sucre et de la betteraves ont baissé. La production de sucre européenne est passé d'environ 20 millions de tonnes de sucre brut pendant l'U.E à 25 pays, à 15,3 millions de tonnes de sucre brut produit, après la réforme du règlement du sucre, l'année 2007/2008. Les producteurs européens qui bénéficiaient d'un prix garanti, trois fois plus élevé que le cours mondiale dans le cadre de la PAC, ont vu une diminution de 42,6% en deux ans de leur prix garanti suite à cette réforme. L'Union Européenne change de position dans le marché mondial du sucre et devient le premier importateur mondiale de sucre brut. En effet, l'U.E à importé environ 1,8 millions de tonnes de sucre venant de PMA (Pays les Moins Avancés) et 1,03 millions de tonnes de sucre provenant des pays Balkans occidentaux, de la Roumanie, et de divers autres pays. En 2010/2011, l'Union Européenne a importé au total 2,28 millions de tonnes de sucre brut dont 25% seront utilisé pour sa consommation le reste sera principalement utilisé dans l'industrie; fabrication d'alcool et d'éthanol, de levures, de produits pharmaceutique et chimique, et autres. Ces utilisations industrielles du sucre tendent à représenter des débouchées de plus en plus importantes avec notamment le développement des biocarburants. Actuellement, l’Europe a une production de 120 millions de tonnes de betterave qui produisent à leur tour environ 16 millions de tonnes de sucre blanc, et parvient à assurer 90% de ses besoins.

 

La France a également participé à l'effort de réduction de production imposé par la réforme du règlement du sucre entrée en vigueur le premier juillet 2006. Elle a du fermer cinq de ses trente sucreries durant l'année 2007/2008. La France reste malgré tout le premier producteur mondial de sucre de betterave devant l'Allemagne, la Russie ou encore la Chine, le premier producteur européen de sucre et le 7ème producteur mondial de sucre brut. Elle produit chaque année environ 4,5 millions de tonnes de sucre blanc provenant de betterave dont environ 2,045 millions de cette production sont exportés vers l'Union Européenne et les pays tiers. Elle dispose d'une surface betteravière cultivée de 378 milliers d'hectares avec un rendement betteravier de 85,3 tonnes par hectare. La France possède aujourd'hui 25 sucreries appartenant à sept sociétés sucrières dont Saint Louis Sucre créée en 1831 qui détient quatre sucreries et le Groupe Tereos qui en détient neuf. La société Saint Louis Sucre, deuxième fabricant français, produit à elle seule un quart des quotas de production du pays. Ces sucreries, concentrées principalement dans les départements du nord de la France, comme l'Aisne, la Marne ou la Somme, ont produit 32,3 millions de tonnes de betteraves sucrières pour offrir 4,350 millions de tonnes de sucre durant l'année 2010/2011. Sur les 4,350 millions de tonnes de sucre produit, 3 millions sont vendu en France et dans l'U.E dont 700000 tonnes seront destinés à la fabrication d'alcool et d'éthanol, 195000 tonnes seront consommés par l'industrie chimique et pharmaceutique, et 300 000 tonnes hors quota seront exportés vers les pays tiers. Si la part de la production de sucre brut destinée à la fabrication d'alcool et d'éthanol est aussi importante c'est parce que la France métropolitaine ne compte pas moins de cinq sociétés disposant de onze distilleries produisant de l'alcool grâce au sucre de betteraves. Durant l'année 2009/2010, ces distilleries on produit 8,9 millions d'hectolitres d'alcool à partir de 870000 tonnes de sucre et de mélasse soit 5,9 millions d'hectolitres et 3 millions d'hectolitres de jus de betteraves.

Ventilation de la production betteravière

La France dispose également de cinq sucreries supplémentaires situées sur ses départements d'Outre-Mer (DOM), l'Ile de la Réunion et la Guadeloupe en possède deux chacune, la Martinique n'en possède qu'une seule. Elles ont apporté à la France 2,7 millions de tonnes de canne à sucre récoltées sur 43 000 hectares pour offrir un total de 265 459 tonnes de sucre brut en 2009-2010.

La filière du sucre, comprenant l'agriculture, les sucreries, les distilleries et raffineries représente un emploi directe de 44500 personne et génère un chiffre d'affaire de 3,18 milliards d'euros.

 

A l'instar de la betterave et de la canne à sucre dont il est extrait, le sucre est utilisé dans de plus en plus de domaines, comme la production d'alcool et d'éthanol, un biocarburant qui pourrait prendre dans le cadre du développement durable, une importance capitale dans les années à venir, ou encore le domaine de l'industrie chimique et pharmaceutique. En effet, le sucre pur à la consommation dit, sucre de bouche voit sa demande s'effondrer, on observe en France une baisse du pourcentage des ventes de 60% entre 1960 et 2010. Actuellement, il ne représente qu'un peu plus de 20% des ventes de sucre en France, pour 50% des ventes en 1960, le sucre de bouche est peu à peu remplacer par une utilisation plus industrielle de ses pouvoirs sucrant.

estimations des débouchés de sucre en France

Le sucre est avant tout un nutriment issu de la nature, également connu sous le nom de saccharose, il est présent dans de nombreuses plantes, et tout particulièrement au cœur de la betterave sucrière et de la canne à sucre qui sont cultivées à cet effet. Le sucre est devenu un ingrédient incontournable de notre quotidien alimentaire, quelle que soit sa forme, il représente une source glucidique essentielle au bien-être et à l'équilibre de la santé. Au-delà du pouvoir sucrant et de l'énergie qu'il apporte, le sucre est un ingrédient majeur pour la fabrication et les qualités finales de nombreux produits alimentaires. Il est essentiel pour assurer la bonne texture des glaces et des confiseries; il contribue à la croustillance des biscuits et fournit un support à la cristallisation du cacao en chocolaterie. C'est également un agent de fermentation pour les pâtes levées ou pour le vin. Par sa capacité à piéger l'humidité, il permet de conserver plus longtemps les confitures et les fruits confits. Dans les produits de cuisson, il renforce la coloration et les notes aromatiques, notamment à travers des réactions de caramélisation.

 

Un Français consomme 25 kg de saccharose par an, soit une moyenne de 70g par jour. Il s’agit du sucre consommé en l’état et du sucre incorporé aux produits sucrés. Le sucre blanc tel que nous le connaissons, en cristal ou semoule, est composé à 98% de saccharose, c'est le sucre le plus courant mais aussi le « sucre » dont on parle généralement dans le langage courant. Sous cette forme, le sucre n'a pas spécialement d'avantage nutritionnel, car il n'apporte pas de minéraux. Il existe cependant de multiples variantes du sucre que l'on peut obtenir à travers différents procédés d'extraction et de raffinage. Les nouvelles formes de sucre produites sont parfois plus complètes et plus riches, elles sont donc recommandées pour notre alimentation. Plus le sucre est raffiné, plus sa couleur est blanche, en effet, le raffinage supprime tout les minéraux et impuretés que le sucre peut contenir, on appelle ça la mélasse. Cependant certain de ces minéraux comme le fer contenu dans la mélasse de la canne à sucre sont bons et conseillé pour la santé. Tout d'abord le sucre blanc; son principale intérêt est son pouvoir sucrant et son goût discret. On obtient à partir du sucre cristallisé blanc, le sucre en poudre par un procédé de broyage et de tamisage, le sucre glace, par broyage et ajout d'amidon, et le sucre pour confiture, par addition de pectine et d'acide citrique. Viens ensuite le sucre de canne blond, ce sucre, contrairement au sucre blanc, conserve une faible partie de sa mélasse ce qui ajoute un léger goût de vanille très apprécié, notamment dans les pâtisseries. Le sucre de canne brun, quant à lui, est beaucoup plus riche en mélasse, son goût et sa couleur sont plus prononcés. Il a également un pouvoir sucrant plus important que les sucres précédents. Le sucre de canne complet est constitué de jus de canne à sucre pur séché et réduit en poudre.

Lorsqu'il n'est pas cristallisé, on l'appelle Rapadura. Ce sucre, conservant toute sa mélasse est donc très riche en sels minéraux, il protège des caries et fortifie l'organisme. Son pouvoir sucrant est très fort et son goût diffère des autres sucres par des touches prononcées de vanille et de réglisse. Il existe également du sucre de palme, très rare chez nous, utilisé principalement en Asie sous forme de « pain de sucre » ou encore de pâte à tartiner. La vergeoise est un sirop de sucre blanc provenant de la mélasse de la betterave sucrière recuit, il reste donc très proche du sucre blanc là encore. Le sucre candi est un sucre moins connu et plus rare que ses congénères, il est crée par une cristallisation très lente d'un sirop de sucre très pur. Parlons ensuite du fameux sucre roux, plus connu sous le nom de cassonade. Ce sucre est en fait bien souvent du sucre blanc raffiné coloré par caramélisation, il ne dispose donc d'aucun apport en minéraux intéressant pour notre bien-être nutritionnel.

Une telle diversification des formes du sucre s'explique en grande partie grâce à l'évolution de notre art culinaire et du fait que de plus en plus de personne dans le monde cherche à améliorer leur cuisine par le plaisir gustatif que peuvent offrir les aliments sucrés.

 

Si on observe des taux de production et une diversification aussi importants de l'utilisation du sucre et du sucre lui-même, c'est également et avant tout grâce à la consommation que l'on fait du sucre de nos jours. En effet, le sucre est désormais omniprésent dans notre alimentation. Il est utilisé comme un agent de conservation et un exhausteur de goût par l’industrie alimentaire qui a compris, depuis déjà un moment, que cet aliment bon marché pouvait être son allié. On sait combien le sucre flatte le palais des petits et des grands. C'est à partir du milieu des années 1950 que la consommation mondiale de sucre va très fortement progresser. Son évolution annuelle moyenne a augmenté de 2,7% entre 1955 et 2006, mais ce chiffre cache de nombreuses disparités d'évolution aussi bien historiques que régionales. Le véritable décollage de la consommation mondiale de sucre a lieu entre 1955 et la fin des années 1970, pendant cette période, la demande mondiale de sucre augmente d'environ 42% et le rythme annuel de progression de la consommation mondiale était de 4%. Il est divisé par deux à partir de la fin des années 1970, en effet, au cours de la période 1977-1983, une forte instabilité des cours du sucre s'installe, le comportement d'achat des consommateurs finaux se modifie. L'apparition des premiers édulcorant, dont les qualités à l'époque, sont assez proches de celles du sucre et dont le prix est moins élevé, commencent peu à peu à le remplacer.

En outre, contrairement à l'image de luxe qu'a véhiculé le sucre tout au long de son histoire, la consommation la plus importante ne se trouve plus depuis le milieu des années 1970 au sein des pays développés, mais dans la zone en développement et plus particulièrement en Asie. Depuis 1975, les pays en développement représentent environ 60% de la consommation mondiale. Dans les pays industrialisés, la consommation de sucre est allée en diminuant depuis une à deux décennies, notamment sous l'influence de la saturation du marché, mais aussi en raison de l'émergence d'une large gamme de substituts. La baisse de la consommation s'explique également par la disparition des accords de troc et de compensation. L'ex-URSS a été pendant longtemps l'un des premiers, si ce n'est le premier, consommateur de sucre au monde, en volume et par habitant. Il a, de cette manière, contribué à l'expansion de la production cubaine, qui depuis la dissolution du groupement économique a perdu d'importantes parts de marché. De nos jours, la consommation mondiale de sucre a pour moyenne 20kg de sucre par habitant en un an par rapport à 5kg en 1900, toutefois, cette consommation reste géographiquement hétérogène. Par exemple, la Chine consomme en moyenne 8kg de sucre par habitant en un an, alors qu'à Singapour, on enregistre une consommation record de 84,7kg de sucre, loin devant le Costa Rica et ses 60,9kg, ou encore la Nouvelle-Zélande qui en consomme 51,5kg.

 

Exemples de consommation nationales de sucre par kilo, par habitant et par an sur trois années de référence : 1978, 1988, 1998.

 

 

1978

1988

1998

Monde

44,1

20,4

20,7

Pays en développement

Augmentation

Brésil

45,5

46

55,9

Chine

3,9

8

8,3

Cuba

57,7

67

64,1

Éthiopie

3,1

3,4

3,7

Inde

7,5

12

16,3

Rwanda

0,9

2

1,6

Viêt-nam

5,4

5,9

11,1

Pays industrialisés

Diminution

Australie

52

45,3

46

Canada

43,6

38,3

35,3

Costa Rica

58

58,6

52,8

États-Unis

43,6

29,8

32,9

France

38,8

34,6

34,3

Japon

26,6

22,4

19,5

Royaume-Uni

41,6

40,9

33,9

 

Aujourd'hui la consommation mondiale de sucre brut est estimée à 168 millions de tonnes de sucre brut, elle a longtemps perduré avec une croissance annuelle de +2% mais elle commence à s'essouffler, la croissance oscille désormais entre une augmentation de 1% et 2% par an. La demande de sucre dans le monde commence elle aussi à se stabiliser depuis l'année 2004, même si elle garde toujours une légère augmentation.

demande de sucre dans le monde

L'Inde est de nos jours le premier consommateur mondial de sucre brut avec une consommation de 25,9 millions de tonne de sucre. Il est suivit de l'Union Européenne qui consomme un total de 18,12 millions de tonnes de sucre brut et de la Chine qui a une consommation de 15,5 millions de tonnes de sucre. Ils font partis des dix premiers utilisateurs mondiaux de sucre et représentent ensemble 63,4% de la consommation mondiale de sucre brut, soit 106,5 millions de tonnes de sucre.

Dans le cadre de la France, la consommation de sucre par habitant en un an est d'en moyenne 35 kg. Mais elle est allée jusqu'à dépasser les 45kg en 1965, on peut expliquer une telle quantité par la « propagande » du sucre mise en place à cette époque. En effet, à l'aube des « Trente Glorieuses », de vastes campagnes de publicité, vantant les bien-faits du sucre, apparaissent avec des slogans pour le moins évocateurs : « Le Sucre, le nerf de l'effort ! »

Le Sucre soutient alors les travailleurs qui participent à l’effort de reconstruction de la France après les ravages de la seconde guerre mondiale.
Dans les années 50, le Sucre joue également la carte de l’exotisme, alors en vogue dans la publicité de produits comme le café ou le chocolat. Le concept de nutriment au service de l’activité physique fait son apparition.

images de deux publicités en faveur du sucre

La publicité du sucre va se développer de plus en plus au fil des années. Durant les années 1960-1980, l’image du sucre comme aliment de base se transforme pour laisser place à un produit porteur de valeurs appréciées par la société : la vitalité, l'énergie, la jeunesse, les loisirs, ou encore l'émancipation des femmes. Aliment de l'effort par excellence, c'est sur cette thématique que porte la grande campagne média : « Quelle énergie dans le sucre ! » présentée en 1968. Une importante campagne de presse voit également le jour en 1979 et montre que l’absorption calorique du sucre est compensée par l'exercice physique, elle s'intitule : « Au lieu de vous priver, dépensez-vous! ». A partir de la fin des années 1980, le sucre est peu à peu concurrencé par la monté en puissance des édulcorants et de leur pouvoir allégé, dépourvu de toutes substances dites « nocives »; sans colorant, sans caféine, sans sucre, sans graisse, sans alcool, ou même sans calories. En effet, la « loi saccharine », datant de 1902, est aboli en 1988, une aubaine pour les fabricants d'ersatz, car elle libéralise ainsi la vente d'édulcorants chimiques en grandes et moyennes surfaces. La publicité du sucre va alors se concentrer sur l'aspect dynamique, irremplaçable et familier ainsi que sur l'origine naturelle et authentique de l'ingrédient aux qualités organoleptiques uniques qu'aucun substitut ne pourra remplacer. Les principales campagnes de cette époques sont « Le Sucre, le goût des bons moments. » présentée en 1996 et « Avec le Sucre, vous êtes dans le Vrai ! » lancée en 1997. Dans les années 2000, la Collective du Sucre met l'accent sur les valeurs de bien-être, d'équilibre et d'éveil à la vie en tant que qualité propre au sucre, s'appuyant sur l'imaginaire des consommatrices, deux campagnes de presse verront le jours en 2001 et en 2004 avec pour slogan « Signes extérieurs de beauté. ». Plus récemment, face aux attaques récurrentes dont il fait l'objet, le sucre se montre résolument combatif à travers sa publicité où désormais il rappelle avec beaucoup d'humour qu'il demeure une source de plaisir dont il serait difficile de se passer avec une campagne publicitaire intitulée « Qui voudrait d'un monde sans sucre ? » présentée en 2005. De plus, la Collective du Sucre rappelle dans les campagnes publicitaires suivantes, que la composition des édulcorants comporte bien souvent des substances chimiques bien plus dangereuses pour la santé que le sucre lui-même, elle lance « Quand on enlève du sucre, savez-vous ce qu'on met à la place ? » en 2006. Mais c'est en 2008 que la publicité du sucre va véritablement ouvrir le débat, elle lance un appel à relativiser avec la campagne « Est-ce qu'on n'en fait pas un peu trop sur le Sucre ? » et invite à adopter une consommation raisonnable, à parler du sucre et des produits sucrés de façon objective en rappelant que le sucre reste un aliment indispensable au bon fonctionnement de notre corps. C'est d'une part mettre à jour l'ensemble des connaissances scientifiques et médicales sur le sujet et d'autre part s'interroger sur les attitudes dans un cadre plus sociétal et pas seulement nutritionnel.

pub contre l'enlèvement du sucre dans les produits

La publicité a joué et joue toujours un rôle important dans le développement de la consommation du sucre dans le monde. Cependant, on peut voir, même à travers les campagnes publicitaires du sucre, que celui-ci n'a pas que des effets bénéfiques sur la santé. En effet, la consommation devenue démesurée de cet aliment entraîne de nombreuses maladies. Aujourd'hui, on mange trop de sucre, une question se pose donc : existe-t-il une limite acceptable ? Voilà une question à laquelle l’industrie alimentaire ne tient pas trop à ce qu’on trouve une réponse précise.

Carburant noble, carburant indispensable, le sucre est à la fois le meilleur et le pire des ingrédients, il faut donc le consommer avec prudence. Le glucose, qui est le sucre que le sang véhicule vers chacune des cellules de notre corps, est l'aliment privilégié et même exclusif de certains tissus, et en particulier du cerveau. En effet, le cerveau ne peut utiliser aucune autre source d'énergie que le glucose. En son absence, celui-ci cesserait immédiatement de fonctionner normalement et il se détériorait rapidement. A contrario, L'excès de sucre est responsable d'un nombre incalculable de problème de santé. Cependant, dans notre société moderne, nous consommons en moyenne 10 à 20 fois plus de sucre que ce qui nous est véritablement nécessaire. Nous consommons aujourd'hui de plus en plus d'aliments conditionnés, les aliments ne sont plus "pensés", préparés, proposés pour leurs qualités nutritionnelles, mais toujours, et de plus en plus, uniquement avec des objectifs de "rentabilité". L'effort de l'industrie agro-alimentaire est porté sur l'attractivité des aliments proposés, sur leur apparence, et surtout sur le goût. Outre que du sucre est ajouté à des plats préparés ou à des produits en conserves, l’industrie agro-alimentaire a su créé également de nombreux produits très sucrés comme les sodas, les bonbons, les barres chocolatées ou encore la pâtes à tartiner.

exemple du nmbre de sucre dans certains produits

En France, par exemple, un adulte mange en moyenne 100 grammes de saccharose par jour. Or les apports quotidiens recommandés en glucides sont de 200 à 250 grammes. Qu'il soit blanc ou complet, le sucre contient toujours 4 000 kilocalories par kilogrammes. Une surconsommation de sucre provoque tout d'abord des maladies de surcharge telles que l'obésité et le diabète. En effet, il peut engendrer l’obésité, notamment chez l’adolescent. Toujours en France, selon un rapport récent de la AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) 19% des enfants sont obèses ou en surpoids, 11,3% de la population adulte française est obèse et 30,3% sont en surpoids. Suite à des études récentes, on explique le développement du surpoids et de l'obésité chez les enfants dans les pays industrialisés par la consommation trop excessive de glucides simples ajoutés, les boissons sucrées sont ici pointées du doigt. En 2005, les États-Unis comptait 65,7% de sa population, adultes et enfants confondus, souffrant de surpoids, 30,6% souffraient d'obésité, ce sont les taux les plus importants du monde à cette époque. Ces taux sont notamment dû à une surconsommation de sucre. En effet, ce dernier apporte une forte densité énergétique avec un faible intérêt nutritionnel, une barre chocolatée composée de graisses et de glucides simples ajoutés, par exemple, corresponds à 250 calories, soit l'équivalent de 5 heures de marche rapide.

Outre l'obésité, il existe d'autres grandes maladies du sucre. Le diabète sucré est également une altération de l'organisme lié à une trop grosse consommation du sucre. C'est un dysfonctionnement du système de régulation de la glycémie, qui peut prendre différentes formes. Les deux variétés de diabètes sucrés les plus courantes sont le diabète de type 1 et le diabète de type 2. En effet, plus de 20% de la population des États-Unis souffre de l'un ou l'autre de ces types de diabète. Le diabète de type 1, diabète sucré, nécessite des injections d'insuline pour être traité. Quant à lui, Le diabète de type 2, ou diabète gras peut-être traité simplement par les antidiabétiques.

Une autre maladie apportée par le sucre, à l'opposé du diabète mais toute aussi dangereuse est l'hypoglycémie. Cette maladie se traduit par un effondrement du taux de glucose dans le sang. Pour un bon fonctionnement de notre corps et plus particulièrement de notre cerveau, le taux de glucide dans le sang doit être constant. Une consommation trop importante de sucre, ou d'aliments rapidement transformable en glucose fera augmenter trop rapidement le taux de glucide dans le sang et le mécanisme de régulation se mettra en route. De l'insuline sera alors produite, hormone responsable d'abaisser le taux de sucre sanguin. Mais, si l'organisme ne dispose pas d'assez de réserve alimentaire en sucres lents pour approvisionner de façon régulière le corps, le taux de glucide dans le sang va très vite chuter. Le cerveau va donc envoyer un nouvelle ordre pour faire sécréter de l'adrénaline qui va faire relâcher en premier le sucre économisé dans le foie puis celui présent dans les muscles. Il s'en suit une baisse importante de l'énergie musculaire, le taux de sucre dans le sang va chuter alors brutalement, l'individu malade va se retrouver en hypoglycémie avec un irrésistible « besoin » de consommer du sucre. Si la personne cède à ses pulsions sans modifier ses habitudes alimentaire, il va subir une hypoglycémie chronique qui aura des conséquences désastreuses à long terme sur sa santé physique et morale.

différents taux de glycémie

Depuis plusieurs années les chercheurs ne cessent de découvrir que la surconsommation de sucre peut avoir beaucoup d'autres effets néfastes sur la santé. En effet, le sucre attaque nos dents et donne naissance aux caries. Plusieurs études assez récentes faites au Nasa Research Center ont fait le lien entre le sucre et les maladies cardio-vasculaires. Il peut également favoriser des pathologies oculaires comme la cataracte et, le vieillissement prématuré de tous les tissus de l'organisme. Certain chercheurs avancent le fait que le sucre peut contribuer aussi au développement des cancers du pancréas et de l'estomac car les bactéries, les champignons intestinaux mais aussi les cellules cancéreuses prospèrent grâce au sucre.

Face à un tel danger sanitaire, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a vivement réagit en 2003 en composant un volumineux rapport sur les effets préventifs de l'alimentation en matière de maladies chroniques. Elle recommande, entre autres, que les sucres libres, c'est-à-dire les sucres ajoutés, ne constituent pas plus de 10% des calories quotidiennes soit l'équivalent de 50 grammes de sucre par jour. Pour certain nutritionnistes, le pourcentage reste encore trop important, mais une consommation si faible est difficile à mettre en place car les populations ont toujours du mal à se passer du goût agréable du sucre. Il faut noter qu'une canette de boisson gazeuse contient en moyenne 40 grammes de sucre à elle seule. Plus de vingt pays, notamment ceux de l'Union Européenne, ont une recommandation semblable à celle de l'OMS.

Des mesures de préventions sont prises également en France, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé lance en 2005 une campagne de sensibilisation incitant la population à réduire sa consommation de sucre d'au moins 25% de sucre ajoutés en 5 ans. Tous les efforts mis en place pour prévenir des risques d'une consommation trop importante de sucre ont réussi en parti à faire changer les mentalités. La consommation de sucre dans les pays industrialisés diminue et commence peu à peu à se stabiliser. Cependant ce sont désormais les édulcorants qui prennent la relève, leur production et leur consommation est de plus en plus importante. En effet, les populations cherchent toujours aujourd'hui le plaisir du goût sucré sans en subir les conséquences. Le marché de l'édulcorant se développe énormément et l'industrie agro-alimentaire va toujours plus loin dans l'innovation culinaire pour satisfaire les nouveaux besoins de notre population.

En conclusion, le sucre est devenu, de nos jours, un ingrédient essentiel, omniprésent dans notre société de consommation. Sa production ne cessant d'augmenter au fil des années celui-ci se voit consommé de manière démesurée. Il est désormais présent dans tous nos aliments et nous accompagne à chaque moment de la journée grâce à l'industrie agro-alimentaire, qui a vu dans ce produit peu chère un avenir économique énorme. Cependant cette surconsommation entraine de nombreuses conséquences sur notre santé. Elle engendre des maladies telles que l'obésité ou encore le diabète. La baisse progressive de la consommation de sucre est vivement concurrencée par le soulèvement des édulcorants et leur pouvoir sucrant mais acalorique. Le sucre se voit alors utiliser dans d'autres domaines que celui de l'alimentation, il est maintenant consacré de manière plus importantes à la production d'alcool et de carburant qui représente une débouchée très intéressante dans un futur proche. Malgré la baisse de la consommation sucrière, le marché et les différentes firmes du sucre continuent d' innover afin de préserver le vaste empire économique du sucre de plus en plus menacé par le marché des édulcorants.

 

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