2. D'une déclinaison imminente à un marché fructifiant

2. D'une déclinaison imminente à un marché fructifiant

La plante dont descendent les betteraves sucrières que nous connaissons aujourd'hui était connu depuis environ 420 avant Jésus-Christ et originaire du Moyen-Orient où elle était utilisée comme alimentation pour le bétail avec le miel végétal extrait de sa racine et de ses feuilles. Mais la forte contenance en sucre dans ses racines ne fut découverte que vers la fin du XVIième siècle. C'est Olivier de Serres qui fit cette découverte mais, à cette époque, la betterave sucrière n’était guère importante, et la France avait ses colonies avec ses esclaves et ses plantations de cannes à sucres. Grâce à ses colonies et à leur climat propice à la production de cannes à sucre, la France pouvait ainsi être rassurée et maîtriser une partie du commerce du sucre devenant de plus en plus important sans se soucier d'une autre source productrice de sucre.

Cependant, la traite négrière et le commerce triangulaire amorcèrent leur déclin à partir du début du XIXe siècle entraînant avec eux le commerce de sucre de cannes. Néanmoins, elle resta très dynamique jusqu'en 1850, date à laquelle ce trafic se réduisit fortement pour s'arrêter en 1867. Durant le XIXe siècle, l'activité négrière occidentale changea de nature. En effet, après avoir été monopolisée, puis libéralisée par les États, l'activité négrière devint illégale.

 

Ultérieurement, à l’abolition de l’esclavage, la main d’œuvre des grandes plantations de canne à sucre fut remplacée par les engagés, les nouveaux affranchis et les descendants directs des esclaves. La traite négrière et son corollaire le commerce triangulaire prirent alors fin après trois siècles et demi.

Mais, cette abolition eut un déroulement progressif et différent selon les pays colonisateurs.

En effet, le 16 mars 1792, une ordonnance du Roi du Danemark et de Norvège prévoit l'interdiction de la traite négrière pour les sujets de son royaume et l'interdiction de l'importation d'esclaves sur son territoire à compter de 1803. Cependant, les Etats-Unis et le Royaume-Uni abolissaient officiellement la traite des Noirs en 1807 malgré que les autres nations européennes l’abolissaient avec le Congrès de Vienne de 1815. Cependant, quand ces États interdirent la traite, certains commerçants la continuèrent dans la totale illégalité. La traite négrière fut ainsi poursuivie durant des dizaines d'années de façon clandestine. Le dernier envoi clandestin connu d'esclaves du Mozambique au Brésil eut lieu en 1862. À cela s'ajoute le fait que ces décisions d'abolition étaient prises sans aucune concertation avec l'Afrique. Les africains continuèrent donc à vendre des esclaves pour leur unique profit. De plus, face à l'interdiction de la traite, certains Européens souhaitèrent, en plus de continuer le trafic d'esclaves, s'implanter en Afrique pour mettre en place des systèmes de plantations similaires à ceux d'Amérique. Plusieurs états refusèrent ce projet comme le Sénégal.